
Mer 27 nov 2002 13:10
Sept mensonges sur Jénine
Dr David Tsangen/ paru dans le journal Maariv le 8 novembre 2002
Traduit de l'hébreu par Nicole Baranes - Israël, pour "Etoile-liante"
Merci à Etoile-liante
David Tsangen a assisté à la projection du film Jénine Jénine et est revenu choqué.
Jai vu le film Jénine Jénine de Mohammed Bakri dans un forum restreint avec la directrice de la cinémathèque de Jérusalem Lia Van Leer et quelques journalistes.
Au terme de la projection privée de ce film, jai réagi et ai dénoncé les mensonges un par un ainsi que le manque dexactitude.
Une des participantes est intervenue avec colère Si vous nacceptez pas les faits de ce film, apparemment vous ne comprenez rien et comment est-il possible que vous soyez un médecin?
Durant un court instant, joubliais que je me trouvais à Jénine au mois davril dernier. Je servais alors en tant que médecin de la division régionale et cette honorable spectatrice se nourrissait tout au plus de rumeurs.
Bakri tisse en même temps des mensonges et des demi vérités avec une main dexpert telle quil est très difficile de ne pas se laisser séduire par limage déformée quil produit.
Je nai pas réussi à convaincre la direction de la cinémathèque dannuler la projection. On ma dit que les images des maisons détruites étaient authentiques, cest pourquoi il y a une part de vérité dans le film et puis de toute façon le film sera projeté dans le monde entier.
Jai été invité a la première du film a Jérusalem et jy ai participé afin dexposer ma position.
Voici quelques points que jai voulu présenter au public.
1) Le directeur de lhôpital de Jénine, Docteur Abou Ralli affirme dans le film que laile ouest de lhôpital a été bombardée et détruite et que Tsahal (larmée israélienne) a intentionnellement touché lalimentation en eau et électricité de lhôpital.
Non seulement il nexiste pas mais il na jamais existé daile ouest de lhôpital. Et de toute manière aucune partie de lhôpital na été bombardée et encore moins été la cible de tirs.
Les soldats de Tsahal ont justement veillé à ne pas pénétrer dans cette zone bien quelle servait dabri à des terroristes recherchés.
Nous avons fait en sorte que lhôpital ne manque pas deau, délectricité et doxygène pendant tout le temps des combats. Nous avons même aidé à linstallation dun générateur durgence lorsque le système électrique de la ville fut détérioré. Bakri lui même apparaît dans le film dans les couloirs entretenus et propres de lhôpital mais pas dans le secteur soi-disant bombardé. Je lui ai demandé sil avait visité laile ouest de lhôpital. Au début il ma répondu que non et tout de suite après il sest repris: attendez, vous souvenez vous de la vitre qui sest brisée dans le film? Elle vient de là-bas.
Il est important de préciser quAbou Ralli fait office de source autorisée en ce qui concerne le fondement de la thèse du massacre.
Au début de lopération il avait été interviewé à la station de télévision Al Jazira et avait fait état de milliers de morts.
2) Un autre extrait impressionnant du film rapporte linterview dun habitant de Jénine âgé de 75 ans qui pleure amèrement et raconte quil a été extrait de son lit en pleine nuit, quon lui a tiré dans la main, et quaprès navoir pas réussi à obéir aux ordres des soldats lui intimant de se lever, a été blessé à son pied par balle.
J'ai rencontré cette vieille personne. On me la amené après lopération de désinfection dune des maisons du Hamas dans le camp des réfugiés. Il était en effet légèrement blessé à la main et souffrait dune égratignure à son pied qui ne provenait en aucun cas dun tir de balle. Les soldats de Tsahal lont transporté à un poste protégé et sûr pour soccuper de ses blessures et il a été soigné en partie par moi. Un des médecins militaires a diagnostiqué chez lui une insuffisance cardiaque.
Nous avons tout de suite proposé de le transporter à lhôpital dEmek Afula. Il a demandé à être pris en charge à hôpital de Jénine pour la raison quil ne connaissait pas bien lhébreu. Après que lhôpital de Jénine ait refusé de le prendre, nous lavons transporté à Afula. Il est resté trois jours dans le service interne de hôpital pour des soins relatifs à son problème cardiaque et une anémie dont il souffrait suite à une autre maladie chronique.
3) Une autre personne interviewée dans le film fait mention dun bébé quune balle de fusil a atteint à la poitrine, a traversé son corps et a laissé un trou dans son dos.
Toujours daprès le film, le bébé est décédé suite à lempêchement des soldats à le transporter à hôpital.
Le corps dun tel bébé na jamais été trouvé. De plus, si une telle blessure sétait produite, il est évident quelle aurait été mortelle et par conséquent son transport à hôpital naurait pas sauvé sa vie.
Quel est le nom de ce bébé? Ou a disparu son corps?
4) Cette même personne interviewée rapporte aussi quavec son doigt il a ouvert un conduit dair dans le cou chez un enfant blessé lui permettant de respirer.
De nouveau fabulation absolue: ce type daction est impossible a laide dun doigt.
Ce même témoin raconte que des tanks ont écrasé des gens vivants, allant et venant sur les corps jusquà compression totale. Pur et simple mensonge!
5) Le film fait mention de fosses communes que Tsahal a creusés aux morts palestiniens.
Toutes les instances internationales qui ont enquêté a ce sujet sont daccord pour affirmer quà Jénine il y a eu 52 morts palestiniens et que tous les corps ont été remis aux palestiniens afin dêtre enterrés.
Bakri ne se donne pas la peine de montrer lemplacement des dites fosses.
6) Le film prétend que des avions israéliens ont bombardé la ville.
Cest faux. Afin dempêcher au maximum des victimes civiles, larmée sest servie dhélicoptères au tir précis.
7) Bakri nétait pas présent à Jénine au moment de lopération Mur de Protection. Il est arrivé à Jénine seulement deux semaines après la fin de opération.
Dans les photographies quil a prises, il montre un terrain détruit du centre de la ville de telle manière quil semble beaucoup plus grand que ce quil nest en réalité. De plus on ne voit pas les photos des shahids et les slogans du Djihad qui remplissaient les murs au moment de opération.
Le film fait encore et toujours une manipulation des images de tanks qui ont été photographiés dans dautres endroits et les racole de façon artificielle à des photos denfants palestiniens.
De façon générale il sagit dune manipulation grossière même si elle est bien faite.
A la fin de la projection du film des centaines de spectateurs ont applaudi longuement Bakri et le monteur du film. Bakri sest tourné vers lauditoire et a demandé sil y avait des questions. Je me suis présenté, je suis monté sur lestrade et jai commencé à recenser de façon systématique les mensonges et les inexactitudes du film.
Au départ il y avait des murmures dans le public et puis ont commencé des insultes. On me traita dassassin, de criminel de guerre etc.
Je navais pas encore terminé dexposer le deuxième point quune personne de lauditoire est montée sur lestrade. Elle était très agressive et a essayé de marracher le microphone de la main. Jai décidé de ne pas céder à la violence; je lai laissé prendre le microphone et suis descendu de lestrade. Jétais surpris de constater quune faible poignée de gens se sont élevés contre cette atteinte au droit à la parole et à la liberté dexpression.
Jétais choqué de voir que le public nétait pas prêt à écouter les faits rapportés par une personne qui était présente au moment de lopération.
Jai eu de la difficulté en tant quhomme et du mal en tant que médecin dentendre cette insulte assassin de la part de gens de mon peuple.
Jai dit que je nai assassiné personne mais les appels se sont enflammés et une haine indescriptible fut dirigée contre moi.
Une sensation dure maccompagne et ne me quitte pas depuis. Je ne regrette pas dêtre venu à la cinémathèque ce même soir.
Je suis convaincu quil y a eu des gens qui mont entendu et à qui jai changé le sentiment par rapport aux faits contenus dans le film.
Je suis sûr quil y a eu dautres gens qui étaient consternés du manque de tolérance qua montré le public et malgré cela il mest dur de constater quils étaient une minorité silencieuse.
Permettez moi dexprimer ce que je nai pas réussi a dire ce même soir a ces personnes insufflées de haine.
Je suis fier davoir fait partie des forces excellentes et morales qui ont opéré à Jénine; des soldats en service et des réservistes plein de motivation et desprit de combat qui sont allés détruire linfrastructure du terrorisme dans son fief.
De Jénine sont sortis beaucoup de kamikazes qui ont tué dans les rues de nos villes: des hommes des femmes et des enfants.
Je suis fier que nous ayons été là-bas et que nous ayons combattu. Je suis fier aussi de notre conduite morale tout au long des combats. Le camp na pas été bombardé par les avions pour empêcher la tuerie de civils innocents. Nous navons pas utilisé non plus lartillerie bien que connaissant les zones exactes du camp où se barricadaient les terroristes.
Les soldats se sont battus contre les terroristes et uniquement contre eux.
Précédant la démolition dune maison de laquelle provenaient des tirs dirigés contre nos soldats, nous lancions plusieurs avertissements et donnions aux terroristes la possibilité de sortir indemne.
Léquipe médicale a porté de laide à tous les blessés même sils portaient des tatouages du Hamas sur les mains.
A aucun moment na été empêché le secours médical.
Ce combat a la fois héroïque et moral nous a fait payer un prix très cher car nous avons perdu parmi les meilleurs de nos combattants!
Nous qui étions là-bas, ceux qui sont tombés au combat, leurs familles et Tsahal ne méritons pas que Mohammed Bakri incite le monde au meurtre et la haine.
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