- Importante manifestation contre Israël en Jordanie
Plus de 5.000 Jordaniens ont appelé samedi soir à l'annulation du traité de paix jordano-israélien et au "Jihad" contre l'Etat juif, lors d'une des plus importantes manifestations anti-israéliennes à Amman.
Il s'agit de la première manifestation sur la voie publique autorisée par le gouvernement à Amman depuis près d'un an.
Les manifestants, de diverses tendances politiques, ont pris part à "la marche de la colère" organisée par les syndicats professionnels et les partis politiques, selon un correspondant de l'AFP sur place.
Aux cris de "Oui au Jihad (guerre sainte), Oui pour une frappe contre Tel-Aviv" et "Non aux missions de Zinni et Cheney", les manifestants ont marché du siège des syndicats professionnels aux locaux des Nations unies, distants de deux kilomètres dans la banlieue ouest d'Amman.
L'émissaire américain Anthony Zinni et le vice-président américain Dick Cheney effectuent des missions au Proche-Orient actuellement.
Les protestataires ont appelé le gouvernement à "expulser" l'ambassadeur d'Israël à Amman et à annuler le traité de paix jordano-israélien signé en 1994.
Ils ont dénoncé les Etats-Unis pour leur "alignement" sur Israël et demandé du sommet arabe, prévu fin mars à Beyrouth, de "soutenir l'Intifada et la résistance palestinienne à l'occupation israélienne".
Des jeunes manifestants portaient des drapeaux des mouvements palestiniens Fatah et Hamas ainsi que des photos d'Oussama ben Laden, principal accusé dans les attentats du 11 septembre, et du président irakien Saddam Hussein.
Dans une allocution au nom des partis et des syndicats professionnels, le chef de l'ordre des médecins, Mohammad Orane, a affirmé que les "Jordaniens sont prêts à lutter au côté du peuple palestinien et rejettent toute initiative arabe qui ne restitue pas aux Arabes tous leurs droits usurpés".
Un mois après le début de l'Intifada en septembre 2000, les autorités jordaniennes ont interdit les manifestations sur la voie publique et toléré uniquement celles organisées dans les universités et dans les camps de réfugiés palestiniens.
Vendredi, le gouvernement avait autorisé une manifestation similaire qui a réuni quelque 1.500 personnes à Zarqa, au nord-est d'Amman.
| |
" Qui souffle le froid, récolte la tempête"
L'Union Européenne demande la liberté de circulation pour Arafat et le retrait israélien des territoires palestiniens
Les dirigeants de l'Union européenne réunis vendredi à Barcelone devraient adopter samedi soir à l'issue du sommet une déclaration exigeant le retrait immédiat des troupes israéliennes des territoires sous contrôle palestinien et la levée des restrictions de circulation imposées au président de l'Autorité Yasser Arafat.
Dans le projet porté à la connaissance de la presse vendredi soir, les Quinze dénoncent les opérations militaires israéliennes contre les Palestiniens et expriment leur soutien à l'initiative saoudienne pour la paix au Proche-Orient, qui doit être soumise à la Ligue arabe lors du sommet de Beyrouth les 27 et 28 mars.
"Le recours à une force excessive et une politique qui vise à frapper toujours plus fort les Palestiniens conduit à des réactions violentes, ne garantira pas la sécurité d'Israël et ne peut pas être justifié", dit le document de travail. En outre, "les actions contre les institutions et le personnel médical et humanitaire sont particulièrement inacceptables".
Le projet de texte condamne aussi les attaques terroristes contre les civils et affirme que l'Autorité Palestinienne "a l'entière responsabilité de combattre le terrorisme avec tous les moyens à sa disposition". L'UE se félicite par ailleurs du retour dans la région de l'émissaire américain Anthony Zinni, qui a entamé ses entretiens vendredi et s'est déclaré optimiste sur les chances de voir un cessez-le-feu entrer en vigueur "dans les tout prochains jours". Les Quinze se disent prêts à travailler pour la paix avec le général en retraite. |
|
Bush satisfait du retrait israélien
Zinni espère une trêve d'ici "quelques jours"
George Bush a jugé vendredi que le retrait des troupes israéliennes de trois villes de Cisjordanie constituait un "développement positif". Le président américain a fait savoir qu'il "appréciait la décision d'Ariel Sharon", le Premier ministre d'Israël.
"Je crois qu'il y a un bon progrès au Proche-Orient (...) L'une des choses que nous avons à faire est de travailler avec les deux parties pour établir les conditions d'une paix finale", a déclaré le chef de la maison Blanche lors d'un repas avec les Forces spéciales américaines en Caroline du Nord. Washington avait appelé à un retrait total des territoires sous contrôle palestinien.
Le médiateur américain Anthony Zinni, qui a multiplié les contacts vendredi au deuxième jour de sa mission au Proche-Orient, espère voir une trêve israélo-palestinienne entrer en vigueur "dans les tous prochains jours".
L'ex-général Zinni s'est entretenu vendredi à Ramallah avec le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat. Auparavant, il avait rencontré les ministres israéliens de la Défense Benyamin Ben-Eliezer et des Affaires étrangères Shimon Pérès.
"Je suis encouragé. En dépit de la situation, je pense qu'il y a des ingrédients porteurs d'espoir", a-t-il affirmé après son entretien avec le travailliste Shimon Pérès. "J'espère réussir." Et d'ajouter après sa rencontre avec Yasser Arafat: "Je pense que dans les tout prochains jours nous pourrons entamer ma mission et l'application du plan que nous avons amené", a-t-il déclaré à la presse. |