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Vendredi 29 mars 2002 - 16 Nissan 5762 - mise à jour à 23:12 (heure de Paris, GMT +1) Pessah
- Les dés sont jetés
Binyamin Nétanyahou (Maariv) - traduit par le service de presse de l'Ambassade de France en Israël.
Depuis la guerre du Kippour en 1973, Israël navait pas connu de tels attentats, une atteinte aussi flagrante au peuple dIsraël et à son patrimoine. Les terroristes palestiniens cherchent à nous assassiner où que nous soyons et en toutes occasions, aussi sacrées soient-elles. Sils en avaient les moyens, les terroristes arabes nous anéantiraient jusquau dernier de nos enfants.
Tel est le véritable objectif du régime dArafat : non pas créer un Etat mais en détruire un.
En 1948, les Arabes ont rejeté un plan de partage proposé par la communauté internationale et ont tenté de détruire lEtat qui venait de naître. 52 ans plus tard, Arafat a rejeté une proposition semblable et exigé le retour des réfugiés palestiniens dont les conséquences auraient inévitablement marqué la destruction de lEtat dIsraël.
Avec ce régime, aucune négociation ne peut être envisagée et aucun accord de coexistence ne peut être évoqué.
L « option politique », dont on parle tant, a été expérimentée il y a deux ans à Camp David et sest soldée par un échec cuisant. Il ne reste que loption de la victoire militaire contre un terrorisme qui nous est imposé.
Une telle opération nécessite de renverser le régime dArafat, dencercler les villes palestiniennes pour les vider de leurs armes. Ensuite, il nous faudra mettre sur pied une ligne de séparation sécuritaire permettant à Israël davoir accès aux territoires sans que les Palestiniens puissent sinfiltrer en territoire israéliens.
Avec une opération de ce type, Israël pourra mettre un terme au terrorisme et retrouver sa force de dissuasion tant endommagée cette dernière année, et permettre à des Palestiniens modérés de prendre le contrôle du terrain en vue de futures négociations avec Israël.
Toutes les opérations partielles menées jusquà ce jour par lactuel gouvernement nont servi à rien et ne serviront à rien.
La seule manière de faire comprendre notre politique sur la scène internationale, et plus particulièrement aux Etats-Unis, est de vaincre rapidement sur le terrain et darrêter les massacres dont sont victimes nos citoyens.
Largument selon lequel toutes les options militaires ont été exploitées est infondé. Nous navons pas encore utilisé le quart de nos moyens et la force qui a été utilisée jusquà présent a été dirigée contre la mauvaise cible. Cest contre le régime dArafat que nos efforts doivent se concentrer.
- Et ensuite, que se passera-t-il ?
Alex Fishman (Yediot Aharonot) - traduit par le service de presse de l'Ambassade de France en Israël.
Comme lors de la guerre des Six jours, nous avons le sentiment dêtre en état de siège, détouffer, dêtre au bord de labîme alors que le monde entier est contre nous. Comme à cette époque, nous partons à la conquête des villes de Cisjordanie.
Mais que donnera cette vaste opération militaire ?
Le massacre de Netanya a été interprété en Israël comme une déclaration de guerre de lAutorité palestinienne contre le peuple juif. Et sans le dire ouvertement, Israël a décidé hier de partir en guerre. Une fois de plus nous avons raté le coche : alors que lon voyait hier soir sur le petit écran les chars israéliens sur les routes, des terroristes sétaient infiltrés à Alon Moreh et quinze autres attentats sont en passe dêtre perpétrés contre des Israéliens. Toues les organisations terroristes coopèrent : le Tanzim de Samarie, le Tanzim de Ramallah, le Hamas de Samarie, le Jihad islamique, le Front populaire, les Comités de refus.
Le pays entier est concerné. Le terrorisme a atteint son paroxysme. Parmi la direction palestinienne, personne ne donne lordre darrêter.
Loffensive israélienne est essentiellement terrestre ; il sagit avant tout de tenter de stopper cette vague de terrorisme. Le deuxième objectif est plus une aspiration quautre chose : il sagit dexacerber à tel point le conflit que lAutorité palestinienne nait pas dautre choix que de reprendre place à la table des négociations. La situation, devenue incontrôlable, nécessitera une intervention internationale sous forme de pressions exercées sur les Palestiniens pour quils fassent en sorte quIsraël réfrène ses actions. Telle est la stratégie qui dicte lopération israélienne.
Le plan israélien préconise une conquête progressive des villes palestiniennes. Larmée y prendra place pendant un certain temps.
Si la réoccupation de la première ville palestinienne na pas limpact politique attendu, elle sétendra à dautres.
A ce stade, Tsahal a fait son possible pour éviter la mobilisation des réservistes, de crainte de susciter une tension au sein du monde arabe, et que la situation ne dégénère en conflit régional. Le gouvernement israélien craignait également dapprofondir les désaccords au sein de lopinion israélienne.
Cest là que les points dinterrogation apparaissent. Dexpérience, nous savons que les problèmes commencent non pas lors de la conquête des villes, mais plus tard. Lorsque le plus fort lance loffensive, le terrorisme fait le mort un certain temps, puis réapparaît dès que larmée prend position et sorganise. A ce moment là, lavantage relatif du nombre disparaît : les combats de rues commencent, les chars sont attaqués, des hommes sont tués. Larmée réagira et il y aura des victimes parmi les civils. Les images de guerre et de destruction influenceront lopinion internationale. Et très vite, nous oublierons les raisons qui nous ont forcées à pénétrer en territoire palestinien.
Tsahal ne parle pas de rétablir lAdministration militaire mais bien vite, si larmée israélienne réside pendant de longues période dans les villes palestiniennes, il faudra soccuper de nourrir la population et de veiller au bon ordre. Autre immense point dinterrogation : que se passera-t-il après ? Le consensus israélien restera-t-il inchangé alors que Tsahal procède à la reconquête des territoires ?
On risque également dassister bien plus tôt que lon croyait au déploiement de forces internationales parce que le monde entier en a assez des Palestiniens, et des Israéliens également.
- Sharon veut chasser Arafat de la région
Aluf Benn ( Haaretz) - traduit par le service de presse de l'Ambassade de France en Israël.
§ Pour la direction politique israélienne, il est clair que si lémissaire américain Anthony Zinni échouait dans sa tentative dinstaurer un cessez-le-feu, cela entraînerait une escalade supplémentaire et à une réaction israélienne accrue.
Sharon a réuni hier le gouvernement, avec très peu de possibilités envisageables. Lopinion publique attend une réaction adaptée à un attentat aussi grave, et la plupart des alternatives ont déjà été explorées cette année. Le pouvoir politique du Premier ministre seffrite, et il ne peut plus faire preuve de retenue et opter pour la solution politique, comme il lavait fait après lattentat du Delphinarium. (
) Maintenant, il veut chasser Arafat de la région, action politique ultime , selon les proches de Sharon. (
) Sharon a préparé ces deux dernières semaines la base politique pour le renvoi dArafat des territoires. Il a prévenu que la visite du vice-président américain, Dick Cheney et celle dAnthony Zinni sont la dernière chance offerte au président palestinien, et sil ne la prend pas, Israël comprendra quelle a le feu vert américain pour agir contre lui. (
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La grande interrogation pour le Premier ministre, est de savoir comment va réagir Washington désormais, qui a essuyé un échec douloureux sur le plan diplomatique au Proche-Orient. Linitiative que ladministration Bush voulait promouvoir a échoué. Il ny a pas de cessez-le-feu, linitiative saoudienne na pas fait revivre le processus de paix, et Arafat comme Sharon ont ignoré les appels lancés par Washington.
A Jérusalem, on se demandait hier comment allait réagir ladministration américaine : vont-ils se désengager du conflit en rappelant Zinni, ou au contraire, accroître leur implication ? (
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Face aux images de Netanya, ladministration américaine a évité cette fois de multiplier les mises en garde contre Israël ainsi que les appels à la retenue, faisant peut-être signe de cette manière à Sharon quil dispose dune liberté daction.
- En route vers la conquête des villes palestiniennes dans les territoires
Shimon Shiffer, Alex Fishman, Itamar Eichner Amir Rappoport et Roni Shaked (Yediot Aharonot) - traduit par le service de presse de l'Ambassade de France en Israël.
Réunion gouvernementale hier soir (un peu avant minuit) lors de laquelle Sharon a sollicité laccord des ministres pour une vaste opération militaire.
Autre sujet abordé : le sort réservé à Arafat, en tant que dirigeant de lAutorité palestinienne.
Sharon a décidé de réunir le gouvernement, et non le Cabinet de sécurité, car son intention était dobtenir le soutien le plus large possible pour pouvoir appliquer la politique quil propose : provoquer leffondrement de lAP, et se préparer à léventualité dune expulsion dArafat des territoires.
Ben-Eliezer : un seul principe nous guide à présent, celui de garantir notre sécurité.
Immédiatement après lattentat de Netanya, Sharon a confié à son entourage avoir compris quil était nécessaire de prendre une décision historique . Certains ministres estimaient hier que les propositions du Premier ministre risqueraient de provoquer la démission des ministres travaillistes, mais que dans ce cas Sharon proposerait à Lieberman de réintégrer le gouvernement.
Lopération : Incursion militaire massive dans les territoires.
Mobilisation partielle des réservistes
Entrée de Tsahal dans Ramallah dans un premier temps, puis dans les autres villes palestiniennes.
Aux dires des ministres, de lourdes pressions ont été exercées sur Sharon, principalement par les Américains pour quIsraël ne lance pas de vaste opération militaire, mais le Premier ministre estime à présent quIsraël ne doit pas réitérer lerreur faite après lattentat du Delphinarium, et ne doit pas faire preuve de retenue.
Le Cabinet de Sharon accusait hier les Palestiniens davoir fait échouer la mission de Zinni.
- Israël mobilise 20.000 réservistes, le plus grand rappel depuis 1990
Dans le cadre de la vaste opération militaire lancée vendredi, le gouvernement israélien a commencé à mobiliser les premiers des 20.000 réservistes de Tsahal qu'elle entend rappeler pour lutter contre le terrorisme palestinien. Ce rappel est le plus grand du genre depuis la fin 1990, peu avant la guerre du Golfe.
Après la récente vagues d'attentats-suicides, dont celle de Netanya qui a fait 20 morts mercredi soir, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a ordonné cette grande opération dans les territoires en vue «de démanteler l'infrastructure terroriste palestinienne dans toutes ses composantes et, à cette fin, (le gouvernement) va mener une grande opération pour atteindre cet objectif».
La radio de l'armée israélienne a parlé d'un chiffre de 20.000 réservistes qui seront rappelés, même si le ministère de la Défense n'a pas dit exactement combien enfileront à nouveau leur uniforme. A l'issue de la réunion du cabinet de sécurité, le gouvernement avait simplement indiqué qu'il avait «approuvé la mobilisation des réservistes en raison des nécessités opérationnelles».
Les effectifs de l'armée israélienne sont gardés secrets, mais selon le Centre Jaffee des études stratégiques, un groupe de réflexion de l'Université de Tel Aviv, l'Etat hébreu dispose de 186.500 soldats d'active et de 445.000 réservistes.
On confiait vendredi de sources militaires que quelques milliers de réservistes appartenant à des unités de combat seront mobilisés dans un premier temps. Des éléments de certaines de ces unités avaient déjà été mobilisés lors de courtes périodes depuis le début de la 2e Intifada en septembre 2000. Mais selon la radio de l'armée, les futurs rappels vont se faire cette fois sur le long terme.
Des centres d'accueil de réservistes ont ainsi ouvert dans les lycées, fermés à l'occasion de la Pâque juive. Des autocars, souvent réquisitionnés par l'armée en cas d'urgence, étaient garés près des lycées. «Nous savons pourquoi nous sommes là et qui en est responsable», a confié à Jérusalem un chauffeur d'autocar réquisitionné qui a tenu à rester anonyme.
Chaque Israélien doit accomplir son service militaire dès l'âge de 18 ans. Les hommes font trois ans et les femmes 21 mois. Par la suite, beaucoup d'hommes continuent de servir dans les unités de réserve jusqu'à la quarantaine, servant environ un mois par an.
En cas de guerre, les forces terrestres israéliennes dépendent fortement de la mobilisation rapide des réservistes. Dans la configuration actuelle, les forces d'active sont censées défendre leurs positions pendant deux ou trois jours, avant l'arrivée des réservistes.
Les rôles sont cependant différents lorsqu'il s'agit des territoires palestiniens: depuis 1967, ce sont les réservistes qui ont la lourde tâche de surveiller les colonies juives, tenir les barrages routiers, assurer les patrouilles frontalières, ce qui permet aux forces d'active de rester mobilisées sur les lignes de front et de s'entraîner activement.
- *Colin Powell assure qu'aucun mal ne sera fait à Arafat (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 22h30
*Les forces israéliennes dans le QG d'Arafat (AFP) vendredi 29 mars 2002, 21h48
*Le QG de Yasser Arafat sous les tirs israéliens (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 21h23
*Pour Rafik Hariri, Israël attaque le plan de paix arabe lui-même (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 21h09
*Powell demande à Sharon de mesurer la portée de ses actes (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 19h30
* Jacques Chirac lance un appel solennel à Sharon et Arafat (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 18h25
* Les Etats-Unis ont garanti la sécurité d'Arafat à Abdallah (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 18h17
* Trois morts dans l'attentat à la bombe de Jérusalem (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 17h46
* Yasser Arafat sous les tirs israéliens à Ramallah (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 17h45
* Le Fatah menace Israël d'attentats tous azimuts (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 17h08
* Des chars israéliens tirent sur le bureau privé d'Arafat (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 14h07
* Paris appelle Israël à respecter la sécurité d'Arafat (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 13h57
* Israël considère Arafat comme un "ennemi" (AFP) vendredi 29 mars 2002, 13h50
* Opération israélienne à Ramallah, attentat suicide à Jérusalem (AFP) vendredi 29 mars 2002, 13h18
* Attentat suicide dans la banlieue de Jérusalem (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 13h12
* Attentat suicide à Jérusalem-ouest (AFP) vendredi 29 mars 2002, 12h44
* Explosion dans un supermarché de Jérusalem (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 12h22
* Arafat préfère "mourir en martyr" plutôt que de se rendre (AP) vendredi 29 mars 2002, 12h08
* La police israélienne intervient contre de jeunes Palestiniens sur l'Esplanade des Mosquées (AP) vendredi 29 mars 2002, 12h01
* Les chars israéliens dans Ramallah (AFP) vendredi 29 mars 2002, 11h23
* Tsahal encercle les locaux d'Arafat à Ramallah (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 11h22
* Yasser Arafat préfère "mourir en martyr" que de se rendre (AP) vendredi 29 mars 2002, 10h48
* Proche-Orient: "il n'y a pas de solution dans la fuite en avant dans la répression", selon Hubert Védrine (AP) vendredi 29 mars 2002, 9h38
* Arafat dit que les Palestiniens ne renonceront jamais (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 9h02
* Sharon déclare Arafat "ennemi" d'Israël (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 8h21
* Le texte du cabinet israélien déclarant Yasser Arafat "ennemi" de l'Etat hébreu (AP) vendredi 29 mars 2002, 7h43
* Les bureaux d'Arafat en feu après des tirs d'obus israéliens (Reuters) vendredi 29 mars 2002, 7h42
* Israël décidé l'isolement total de Yasser Arafat et rappelle ses réservistes (AP) vendredi 29 mars 2002, 7h27
* Les chars de Tsahal sont entrés dans le siège de Yasser Arafat à Ramallah (AP) vendredi 29 mars 2002, 7h10
* Proche-Orient: Sharon déclare Arafat "ennemi" d'Israël (AFP) vendredi 29 mars 2002, 6h59
* Yasser Arafat déclaré "ennemi" d'Israël par Ariel Sharon (AP) vendredi 29 mars 2002, 6h43
* Le cabinet israélien rappelle ses réservistes afin d'isoler totalement Yasser Arafat (AP) vendredi 29 mars 2002, 6h07
* Arafat se dit prêt à une trêve, Israël prépare une riposte (AFP) vendredi 29 mars 2002, 0h10