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Dépêche Spéciale / Autorité Palestinienne
Le 5 août 2002 - N° 406
Un membre du Conseil législatif palestinien : lAutorité Palestinienne est corrompue
Al-Sabil, organe des Frères musulmans en Jordanie, (1) a publié une interview de Mouawiya Al-Masri, membre du Conseil législatif palestinien, de Naplouse. En 1999, Al-Masri fut lun des 20 membres de lAutorité palestinienne à signer le " Communiqué des vingt " contre la corruption de lAutorité palestinienne, ce qui ne fut pas loin de lui coûter la vie. (2) Dans cet entretien, Al-Masri révèle en détails le niveau de corruption de lAutorité Palestinienne. Nous vous proposons une traduction de linterview :
Il nexiste quune seule institution : la présidence
A votre avis, quelles seront les conséquences du vote de confiance du Conseil législatif palestinien sur le nouveau gouvernement palestinien
Al-Masri : Je veux avant tout signaler que le vote devrait porter sur lensemble du gouvernement et pas seulement sur les nouveaux ministres, comme le souhaite Arafat. En réalité, il ny a eu aucune nouvelle législation concernant les ministres. Il est vrai que les nouveaux ministres sont peu nombreux 5 pour 21 mais la plupart des anciens ministres quArafat a gardés au nouveau gouvernement ont changé de postes : lancien ministre du Travail a été nommé ministre de lAgriculture ; le ministre des Transports a été nommé ministre de la Jeunesse et des Sports ; le ministre du Commerce et de lEconomie est passé à lIndustrie ; le ministre du Tourisme a été nommé aux Transports et ainsi de suite.
Il serait normal que tous les ministres se présentent au Conseil législatif pour obtenir sa confiance. Mais je pense quArafat arrivera à ses fins en ne présentant au Conseil que les nouveaux venus. Personnellement, je ne fais pas plus confiance à ce gouvernement quau précédent, car je considère depuis toujours quil faut des institutions pour gérer les affaires du peuple palestinien. Jai découvert que jusquaujourdhui, aucune institution na été créée à cet effet. Il nexiste pas même de bureau susceptible de jouer ce rôle.
Aucun ministre ne peut nommer un chauffeur ou un coursier à son ministère sans autorisation du président. Tout ne dépend que du président. Le ministre de la Santé ne peut nommer un médecin sans garantie financière signée du président. Le ministre de lEducation ne peut nommer un enseignant avant davoir obtenu une garantie du même ordre. Il nexiste quune institution : linstitution présidentielle, qui nest soumise à aucune loi et se fonde sur la corruption de ses hauts responsables.
Pourquoi le président a-t-il recours aux pots de vin et quen retire-t-il
Al-Masri : Il utilise les gens dans son propre intérêt, non dans celui du peuple palestinien.
Seul Arafat sait comment est géré le budget
En insistant pour que soit nommé un ministre des Finances de leur choix, les Etats-Unis cherchent-ils à limiter lemprise dArafat sur les fonds de lAutorité palestinienne et laide financière provenant de létranger A Washington, souhaite-t-on la réforme palestinienne ou empêcher le transfert de fonds à la résistance palestinienne
Al-Masri : Peu importe aux Américains et aux Européens quel ministre est nommé, et à quel ministère. Ce quils veulent, cest un ministre de lIntérieur capable de gérer toute la Sécurité afin de protéger lennemi sioniste. Les Américains souhaitent la nomination dun ministre de lIntérieur capable de remplir cette tâche. Ils ne sintéressent pas à la sécurité du peuple palestinien. Les Européens aimeraient parer au gaspillage de fonds par lAutorité palestinienne. Mais personne ni les ministres, ni le président du Conseil législatif, ni ses membres ne savent comment lAutorité palestinienne gère ses affaires économiques.
Ni même le ministre des Finances
Al-Masri : Ni même le ministre des Finances. Je me réfère à mon expérience en tant que membre du Comité pour le budget au Conseil législatif. Nous avons essayé en vain de trouver les fonds destinés au peuple palestinien.
Par le passé, les Européens ont fait don de 80 millions de dollars, destinés à un certain nombre de petits projets dans des villages palestiniens, à condition que les villages apportent une contribution de 20%, ce qui correspond à 20 millions de dollars. Rassembler le pourcentage requis auprès des habitants du village est devenu une habitude depuis la création de lAutorité palestinienne, mais dans ce cas précis, les habitants ne pouvaient pas contribuer davantage en raison de la détresse économique. Une fois que le budget général eut obtenu 20 millions de dollars de réserves, le Conseil législatif palestinien a décidé, sur recommandation du Comité chargé du budget, que les réserves générales du budget pourvoiraient aux 20% manquants. Le Conseil législatif a donc décidé que le Comité chargé du budget rencontrerait la responsable du budget au ministère des Finances, Abia Mohammed Zoudhi Al-Nashashibi fille du ministre des Finances.
A lissue dun meeting de plus de quatre heures, nous ne sommes parvenus à aucun résultat. Nous avons fait tout notre possible pour obtenir les fonds nécessaires. Nous avons même proposé de les recevoir en plusieurs versements. Mais la réponse était toujours que le budget était à sec. Cela soulève de nombreuses questions : quelles sont les réserves du budget Où se trouve largent La réponse que nous avons reçue est quelle ignorait où se trouvaient les fonds et comment y accéder. Ni le directeur du budget, ni le ministre des Finances ne peuvent nous renseigner. Je pense quArafat est la seule personne qui sache comment le budget est géré. Jaimerais mentionner les noms de plusieurs personnes au sein de lAutorité palestiniennes qui ont accès aux fonds : Abou Oussama Mohammed, Abou Oussama Saïd, Abou Hussein, Sami Al-Ramlawi, Fouad Al-Shoubaki et ainsi de suite. Tous ces gens ont de largent et nont besoin que de la signature dArafat pour le retirer.
Mohammed Rashid est une catastrophe pour le peuple palestinien
Al-Masri : Il y a quelquun dautre qui est une catastrophe pour le peuple palestinien : cest Mohammed Rashid. Dans un meeting du Conseil législatif, le ministre des Finances a bruyamment protesté : " Nous navons pas de fonds. Nous avons reçu un prêt de 25 millions de dollars de Mohammed Rashid destinés aux salaires des employés. " Allah Akbar [Dieu est grand] ! Mohammed Rashid, dont nous ne connaissons pas les origines, et dont on dit quil est kurde dorigine iraquienne - ce que nos frères iraquiens démentent - , cet inconnu, ce fantôme contrôle les fonds de lAutorité palestinienne. Comment un non-palestinien peut-il devenir responsable des fonds de tout le peuple palestinien On raconte des histoires sur la vie dispersée de Mohammed Rashid et la façon dont il dépense librement largent, des sommes monstrueuses à une vitesse inimaginable, sans subir le moindre contrôle.
Lors dun meeting du Conseil législatif, alors que nous venions de former un comité de réception des dons en provenance du Comité de Jérusalem de lUnion des émirats arabes, le président Arafat a annoncé la nomination de Nabil Chaath à la présidence du Comité, et celle de Mohammed Rashid au poste de rapporteur [du comité]. Le Dr Hassan Khreishah, membre du Conseil législatif, a exprimé le désir de faire une remarque non-officielle, et a demandé : " Qui est Mohammed Rashid Je nai jamais rencontré de Palestinien du nom de Mohammed Rashid. " Ce à quoi Arafat a répondu : " Mohammed Rashid est mon conseiller économique ". Khreishah a répété : " Mais qui est-il Doù vient-il " Arafat a de nouveau répondu : " Je vous dis que cest mon conseiller économique. " A partir de ce moment, les membres du Conseil ont fait en sorte de calmer la situation, après quune bagarre eut presque éclaté.
Nous navons remarqué aucun changement parce quaucun ministère ne fait rien.
Al-Masri : En bref, les Européens cherchent à lutter contre la corruption économique tandis que les Américains veulent la sécurité [dIsraël]. Arafat a répondu à leurs souhaits en nommant un ministre des Finances et un ministre de lIntérieur. Les Américains et les Européens ne sintéressent pas aux autres ministères et ministres. Quant à nous, membres du Conseil législatif et Palestiniens, nous navons remarqué aucun changement, parce quen fait, aucun ministère ne fait rien. Même si un ministre décide dagir, nimporte qui pouvant arriver jusquau président peut demander lannulation de sa décision parfois rendue effective le jour-même. Cest pourquoi ce qui se passe nintéresse personne.
Il ny a pas de chiffres exacts en ce qui concerne le budget.
La nomination du ministre des Finances, consécutive aux efforts de réforme déployés par les Etats-Unis et lEurope, a-t-elle pour objectif de restreindre la liberté financière et la liberté daction dont le président bénéficiait jusqualors
Al-Masri : Je ne crois pas. Le président exerce son pouvoir via les fonds. Cest son seul moyen de contrôle. A mon avis, le président est aujourdhui sujet à la pression américaine et européenne dans ce domaine. Peut-être se soumettra-t-il à cette pression pour un certain temps, qui pourrait sétendre sur des mois, après quoi la situation redeviendra ce quelle était. Daprès moi, le ministre des Finances ne peut pas contrôler toutes les ressources financières dans la mesure où depuis la création du Conseil législatif, des revenus considérables ne rentrent pas dans le budget. Cest pourquoi il ny a pas de chiffres exacts.
Quelles ressources financières restent extérieures au budget
Al-Masri : Certains revenus proviennent de la vente de gaz naturel, de cigarettes, de lait [en poudre] et de ciment de la compagnie Al-Bahyr, dirigée par Al-Rashid. Ils sont lobjet dun monopole. Les revenus liés au gaz se montent à eux seuls à près de 500 millions de dollars annuels. Tous ces revenus regroupés sélèvent à pas moins dun milliard de dollars, lesquels ne rentrent pas dans le budget général de lAutorité palestinienne.
Pourquoi navez vous pas demandé à ce quils y soient intégrés
Al-Masri : Nous navons cessé de le faire. En vain.
Qui vous le refuse
Al-Masri : Le président.
Pourquoi
Al-Masri : Pour que le peuple ne sache pas ce qui se passe réellement. Les raisons sont claires. Le président contrôle la situation via les affaires économiques.
Quand le Conseil économique palestinien pour le Développement et la Reconstruction a été créé, les Européens ont posé comme condition que Farouq Al-Qaddoumi, chef du Politburo de lOLP, en prenne la direction et que Mohammed Eshtayyeh lassiste. Les Européens ont insisté pour quaucun fonds de ce Conseil ne soit retiré sans leur double signature, ce quArafat a accepté. Mais dès le début de la marche du Conseil, Arafat a annulé les signatures dAl-Qaddoumi et dEshtayyeh, sa signature devenant la seule nécessaire. Aujourdhui, aucune somme dargent, aussi petite soit-elle, ne quitte le fonds sans la signature du président.
Personne ne sait ce qui se passe
Vous accusez le président Arafat de corruption et de dépenses excessives sans preuve. Avez-vous des exemples à lappui de vos affirmations
Al-Masri : Personne ne sait ce qui se passe réellement. Un brouillard recouvre les mesures et les activités économiques, mais la corruption se manifeste surtout par lachat de personnes aux moyens de ces fonds.
Un jour, le Dr Saeb Ereqat, ministre local du gouvernement, a prononcé un discours face au Conseil législatif. Marwan Kanafani la critiqué, le qualifiant dimbécile. Mais le ministre a tenu sa langue. Jai, à mon tour, déclaré tout haut au ministre Ereqat : " Kanafani dit que vous êtes un imbécile. " La réponse dEreqat a été surprenante : " Bien sûr que je suis un imbécile, puisque Kanafani reçoit 40 000 dollars par mois. " Ces mots figurent dans les registres du Conseil législatif.
Arafat achète la fidélité
Kanafani reçoit cet argent contre quoi
Al-Masri : Contre sa fidélité au président. Cest pourquoi aux meetings du Conseil législatif, Kanafani défend le président et lAutorité palestinienne de toutes ses forces la force des 40 000 dollars quil reçoit. En échange de telles sommes, Kanafani et ses proches essaient de contrecarrer toute discussion de réforme, toute exigence de responsabilité devant le public, ou même de la plus petite enquête. Ils sopposent à louverture denquêtes sur tout haut responsable palestinien, nhésitant pas à affirmer que les membres du Conseil législatif nont pas le droit dexiger que les ministres ou les chefs des dispositifs de sécurité rendent des comptes. Ce comportement représente une infraction au règlement du Conseil [législatif].
Combien de membres du Conseil reçoivent une aide régulière du président
Al-Masri : Je ne peux pas donner de chiffre précis. Seule une poignée de membres du Conseil ne reçoivent pas de fonds du président.
Quelle est, daprès vous, le sens du dernier discours du président au Conseil législatif, sur la guerre contre la corruption
Al-Masri : Cest un discours quil répète souvent et qui révèle son manque de crédibilité. Ce discours est une nouvelle version de ses anciens discours, qui nont rien changé. Il y a trois ans, à louverture de la quatrième session du Conseil législatif, Arafat a demandé aux membres du Conseil dexiger quon leur rende des comptes, affirmant : " Votre responsabilité est de procéder au procès de la corruption et des corrompus. " Mais il a continué de représenter un obstacle, empêchant tout responsable palestinien de réclamer des comptes. Il ne peut accepter quils fassent un procès ou quils interrogent un ministre.
Le seul et unique rapport de contrôle en 1997
Al-Masri : Le Bureau de contrôle [des fonds de lAutorité palestinienne] a publié son rapport annuel pour 1997, et rien depuis. Ce rapport a été publié par erreur. Le président du ministère sest entretenu avec le président, lui annonçant que le bouclage du rapport annuel et lui demandant : " Faut-il le publier " Sans même le lire, le président a répondu : " Publiez-le, avec la bénédiction dAllah ". Suite à quoi le président du ministère en a donné une copie aux médias.
Nous, membres [du Conseil législatif] opposés à la corruption - et non à lAutorité palestinienne -, avons demandé à consulter le rapport afin de préparer celui du Conseil législatif à son sujet. Nous avons demandé à ce que certains ministres soient punis et mis en procès, soumettant nos réclamations au président pour obtenir son accord. A notre grande surprise, la réaction du président fut de dire quil allait procéder à la refonte du gouvernement. Ses mots laissaient clairement entendre quil limogerait les ministres accusés de corruption, mais en fait, il a constitué un nouveau gouvernement composé des anciens ministres, ajoutant 11 nouveaux venus piochés dans son Conseil législatif. Il a en fait augmenté la corruption de son gouvernement Trois des nouveaux ministres étaient membres du Comité du Conseil législatif créé pour étudier le rapport du Bureau de contrôle
Le président sait merveilleusement bien corrompre les gens avec de largent et des emplois
Al-Masri : Le président sait merveilleusement bien corrompre les gens avec de largent et des emplois. Ainsi nous avons 34 ministres [sic], alors que le gouvernement de lennemi sioniste en a 14. Sharon a augmenté leur nombre à 18 après avoir contracté la maladie dArafat. Bien entendu, le bureau de Contrôle na publié aucun nouveau rapport depuis.
Vous dites que les chiffres avancés par le budget sont faux. Comment se fait-il que le Conseil législatif les approuve
Al-Masri : Il ny a pas de chiffres fiables concernant le budget de lAutorité palestinienne. En 1997, le ministère de la Santé disposait de 104 millions de dollars. 24 millions de dollars sur cette somme devaient servir à payer les employés, alors que le reste devait servir à lachat de médicaments, déquipement, à la construction dhôpitaux et au développement des services médicaux. Dans le courant de lannée, nous avons été surpris de constater que lhôpital Rafidiya de Naplouse, qui sert le Nord de la rive Ouest, ne disposait pas danesthésique. Lapprovisionnement en anesthésique coûte 1000 shekels par semaine. Lactivité de lhôpital a cessé pendant une semaine entière jusquà ce que certains citoyens fassent don de la somme [requise pour lachat] danesthésique.
Seul Dieu et Yasser Arafat savent où se trouve le reste du budget ministériel.
Où est passé largent du budget ministériel
Al-Masri : Personne ne sait à quoi à servi le budget ministériel. Dans un meeting du Conseil législatif, nous avons questionné le ministre de la Santé, lequel a répondu quil était heureux de nous annoncer quil avait réussi à obtenir du président quil [le ministre] aille le voir [Arafat] chaque jeudi pour retirer 2 millions de shekels devant servir à lachat des médicaments et déquipement destinés à tous les hôpitaux des districts palestiniens. Un simple calcul indique que le président [n] a lintention daccorder [que] 8 millions de shekels par mois au ministère de la Santé ce qui revient à 24 millions de dollars par an sajoutant aux 24 millions de dollars annuels destinés aux salaires des employés du ministère. Seul Dieu et Yasser Arafat savent ce qui est arrivé au reste de largent du ministère - un budget qui sélevant à 56 millions de dollars.
Les autres ministères sont dans une situation identique. En général, les ministères qui triment pour obtenir leurs budgets sont chargés des services les ministères de la Santé, de lEducation et des Affaires sociales à tel point que les personnes assistées par le ministère des Affaires sociales reçoivent leurs subsides avec beaucoup de retard. Nous sommes maintenant au mois de juin, et ils nont pas encore reçu leurs allocations de février. Cette situation ne date pas daujourdhui, de léveil de lIntifada. Elle date de la naissance de lAutorité palestinienne.
Seul Allah sait ce qui arrive au Trésor public
Une fois le budget général de lAutorité palestinienne agréé, largent reste-t-il au Trésor
Al-Masri : Seul Allah sait ce qui arrive au Trésor public. Cest pourquoi je dis que les chiffres soumis au Conseil législatif nont aucun sens. Jai une fois déclaré au Conseil que je mettais le ministre des Finances au défi de prouver que le budget présenté aux membres du Conseil comportait des chiffres réels ou correctement calculés. Le budget réel nest pas même présenté au responsable du ministère des Finances.
Qua-t-on répondu à cela
Al-Masri : Le ministre sest tu, et lorsquun autre ministre a insisté pour quil me réponde, il a continué de se taire, précisant quil ne dirait rien.
Est-ce que cela ne relève pas de la corruption que la responsable du budget soit la fille du ministre des Finances
Al-Masri : Cest le summum de la corruption. Nous avons soulevé le sujet à plusieurs reprises, mais en vain. Nous avons une fois voulu rencontrer le ministre des Finances pour lui poser un certain nombre de questions, et avons été surpris de constater que sa fille était venue répondre aux membres du Conseil. Jai protesté en disant : " Si le ministre désire nous envoyer sa fille, alors moi aussi je vais lui envoyer la mienne. Si cest comme cela quon gère la situation, alors je vais moi aussi envoyer ma fille me représenter au prochain meeting. " Jai quitté les lieux en signe de protestation. Ma position na pas été très appréciée par lun des ministres qui a dit : " Nous ne sommes pas dans un bain turc de quartier. " Il maurait frappé si les membres du Conseil ne lavaient pas arrêté.
Il ny aura pas délections parce quArafat nen veut pas.
Selon le dernier sondage dopinion, la popularité dArafat est tombée à 35%. Ces 65% révèlent quune écrasante majorité ne veut pas dArafat comme président. Comment peut-on se servir de ces données dans lintérêt de la réforme Le Dr Abd El-Satar Al-Qassem a bien annoncé son intention de se présenter face à Arafat aux prochaines élections.
Al-Masri : Les choses ne sont pas aussi simples. A mon avis, il ny aura pas délections.
Pourquoi pas
Al-Masri : Parce quArafat nen veut pas. Le président a donné son accord à cause de la pression internationale, mais il saisira la première occasion pour les annuler, prétendant les retarder
Il semble que personne ne croie quArafat réparera ce quil a détruit. Il y a quelques jours, il a approuvé la Loi fondamentale, après un délai de près de cinq ans, uniquement pour lenfreindre juste après avec la formation dun gouvernement de 21 ministres. Cest contraire à ce que stipule la clause 65 de cette loi, laquelle limite le nombre de ministres à 19. Comment le Conseil législatif peut-il tolérer une telle violation constitutionnelle
Al-Masri : Dès la formation du Conseil législatif, il était clair que sa grande majorité serait composée de membres du Fatah 69 sur 88 membres du Conseil appartiennent au Fatah, et ces derniers respectent la décision centrale émise par le président.
Même sil elle va à lencontre de la Loi fondamentale [devant faire partie de la constitution]
Al-Masri : En effet. Ils trouveront une justification à chaque violation. En enfreignant le règlement du Conseil législatif, qui interdit que le nombre de membres de comités au Conseil dépasse les vingt, ils ont dit : " Cest nous qui prenons les décisions et cest nous qui modifions la loi. " Et ils lont déjà modifiée.
Aux yeux dArafat, la loi est écrite par lui et comme il le souhaite.
Pourquoi Arafat approuve-t-il une loi si cest pour lenfreindre
Al-Masri : Cest la nature dArafat ; cest comme cela quil se comporte. A ses yeux, la loi est écrite par lui et elle est ce quil veut quelle soit. Il en a toujours été ainsi depuis quil est passé à la direction de lOLP en 1969. Je considère que toutes les factions partagent la responsabilité de ses actions, parce quelles le soutiennent quoi quil arrive. Même les factions de lopposition trouvent à le justifier quand il y a des controverses.
Paie-t-il ces factions
Al-Masri : Je crois que cest lui qui prend les décisions financières. Cest lui qui accorde leur budget aux factions ou qui les en prive. Cest lui qui décide de la composition du Conseil national palestinien, du Comité central et du Comité exécutif de lOLP. Cest lui qui décide du nombre de membres au Conseil national et des versements à effectuer à lintention des factions. Cest ainsi quil leur impose sa volonté. ~
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