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Dépêche Spéciale / Autorité palestinienne
Le 9 octobre 2002 N° 426
Le père de lauteur dun attentat suicide :
Que les chefs du Hamas et du Djihad islamique envoient donc leurs propres fils !
Dans une lettre au directeur du quotidien arabe Al-Hayat, édité à Londres, (1) Abou Saber, père dun jeune Palestinien responsable dun attentat-suicide dans une ville israélienne, écrit :
" Je ne peux trouver de meilleurs termes pour commencer ma lettre que ceux dAllah, dans son précieux livre [le Coran] : Agissez pour Allah, et que vos propres mains ne vous projettent pas dans la destruction. (2) Je rédige cette lettre avec un cur qui dépérit et des yeux qui ne cessent de verser des larmes. Nous devons, aujourdhui plus que jamais, obéir à ce verset coranique, agir pour Allah et éviter de commettre des actes qui nous poussent à la destruction. "
Des amis ont persuadé mon fils de se faire sauter, et maintenant ils sen prennent à son frère
" Il y a quatre mois, jai perdu mon fis aîné, après que ses amis leurent tenté de suivre le chemin de la mort. Ils lont persuadé de se faire sauter dans une ville israélienne. Quand le corps pur de mon fils sest éparpillé en morceaux, les derniers signes de vie se sont aussi éteints en moi, en même temps que tout espoir et toute volonté dexister. Depuis ce jour, je suis comme un spectre déambulant, et je ne parle même pas du déplacement que moi, ma femme, mes autres fils et filles avons subi après que notre domicile eut été rasé.
Mais le comble a été dapprendre que les amis de mon fils aîné, le martyr, ont entrepris de se draper comme des serpents pour entourer mon autre fils, qui na pas 17 ans, et linciter à suivre le même chemin que son frère, à exploser pour venger ce dernier, lui expliquant quil na rien a perdre.
Du sang de mon cur blessé de père qui a perdu ce quil avait de plus cher au monde, jinterpelle les dirigeants des factions palestiniennes, et à leur tête les chefs du Hamas, du Djihad islamique et leurs cheiks, qui se servent des préceptes religieux pour pousser un nombre toujours croissant de fils de la Palestine à la mort tout en sachant pertinemment quenvoyer des jeunes gens se faire sauter en plein cur dIsraël ne décourage pas lennemi, ni ne libère la terre. Au contraire, cela intensifie lagression ; après chaque opération de ce style, des civils sont tués, des habitations rasées, des villes et des villages palestiniens réoccupés. "
Qui leur a permis denvoyer nos enfants à la mort ?
" Après quoi, les chefs et les porte-parole font des apparitions médiatiques pour menacer lennemi dune vengeance plus terrible encore... Et ils exhortent dautres jeunes gens à mourir.
Je demande, en mon nom et au nom de tous les pères et mères qui ont appris que leurs fils sétaient fait sauter : de quel droit ces chefs envoient-ils les jeunes, y compris des garçons dans leur prime jeunesse, à la mort ? Qui leur a accordé une quelconque légitimité, religieuse ou autre, leur permettant dinciter nos enfants à mourir ? "
La mort, non le martyr
" Oui, jappelle cela la mort, et non le martyr. Modifier et embellir le terme, ou accorder quelques milliers de dollars à la famille du jeune homme qui sen est allé pour ne jamais revenir, natténue pas la force du coup, ni naltère une fin irrévocable. Largent accordé aux familles fait plus de mal que de bien : il leur donne le sentiment quon les récompense [davoir perdu] leurs enfants.
La vie des enfants a-t-elle un prix ? La mort est-elle devenue lunique moyen de recouvrer ses droits et libérer la terre ? Si la réponse est oui, pourquoi pas un seul de tous ces cheiks, qui rivalisent en décrets religieux enflammés, nenvoie-t-il son fils ? Pourquoi aucun de ces chefs, lesquels ne peuvent sempêcher de manifester leur euphorie et dentrer en extase sur les chaînes satellite à chaque fois quun jeune Palestinien, homme ou femme, part se faire sauter, nenvoie-t-il pas son propre fils ? Pourquoi, jusquà ce jour, pas un seul de leurs fils ou filles ne sest-il ceinturé dexplosifs pour aller mettre en pratique lenseignement que leurs pères prêchent du matin au soir ?
Le Djihad, le martyre, la mort inutile sont-ils le domaine réservé dun seul secteur [de population] ? Est-ce que ce qui sapplique aux fils et aux filles du commun des mortels ne sapplique pas aussi aux fils et filles [des leaders] ? Encore combien de temps ce peuple résistant devra-t-il payer le prix de cette politique stupide qui sest avérée être un échec colossal en ce quelle na pas même permis de retrouver une infime partie des droits palestiniens usurpés ? "
Sitôt lIntifada déclarée, les chefs ont envoyé leurs fils à létranger
" Mais ce qui, plus que tout, déchire lâme, blesse le cur et embue les yeux de larmes, cest la vue de ces cheiks et chefs qui font ce quil faut pour épargner leurs fils comme Mahmoud Al-Zahar, Ismaïl Abou Shanab, et Zabd El-Aziz Al-Rantisi. Sitôt lIntifada déclarée, Al-Zahar a envoyé son fils Khaled en Amérique ; Abou Shanab a envoyé le sien en Grande-Bretagne, et [comme elle le révèle dans la presse], la femme de Rantisi na pas voulu encourager son fils Mohammed à aller se faire sauter. Au lieu de quoi, elle la envoyé terminer ses études en Irak. "
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