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Dépêche Spéciale / Arabie Saoudite
Le 29 novembre 2002 N° 444
Ossama Basnan à Al-Sharq al-Awsat : Ma femme a reçu des chèques mensuels de celle de lambassadeur dArabie Saoudite pour un traitement médical ; je nai pas rencontré Al-Mihdhar et Al-Hazimi
Dernièrement, les médias américains se sont intéressés aux contacts établis entre lhomme dAffaires Ossama Basnan, arrêté le 22 août 2002 à San Diego pour avoir enfreint les lois sur limmigration, et un autre Saoudien, Omar Al-Bayyumi, qui aurait participé au défraiement de deux des pirates de lair du 11 septembre, Khaled Al-Mihdhar et Nawaf Al-Hazimi
Dans une interview conduite à Djedda par un journaliste dAl-Sharq al-Awsat, quotidien saoudien diffusé à Londres, Basnan raconte son incarcération et celle de sa femme palestinienne, Majda Duwaikat, et mentionne les sommes dargent octroyées par la femme de lambassadeur dArabie Saoudite à Washington. (1) Voici quelques extraits de linterview :
Pourquoi et comment Basnan est entré aux Etats-Unis
Question : Quand êtes-vous entré aux Etats-Unis et pourquoi ?
Basnan : Il y a quelques années, pour que ma femme, qui souffre dune inflammation de la tyroïde, puisse y être traitée. Il était nécessaire de bien choisir le médecin qui lopérerait pour quelle ne perde pas ses cordes vocales. Etant donné que ma femme est infirmière et que je my connais aussi très bien en médecine, nous nous sommes appliqués à trouver le médecin adapté. Pendant ce temps, ma femme a passé un examen dentrée dans une association dinfirmières, pour nous aider à augmenter nos moyens une fois revenus en Arabie Saoudite Dans le même temps ma femme est tombée enceinte, et a dès lors requis un suivi médical quotidien. Cest ainsi que jai oublié de moccuper de mon visa.
Etes-vous arrivé aux Etats-Unis avant le 11 septembre ?
B : Oui.
Quelle était la durée de votre visa ?
B : Six mois.
Une fois votre visa expiré, navez-vous pas tenté de le renouveler ?
B : Bien sûr que si Un responsable (avant les événements [du 11 septembre]) a déclaré que les Saoudiens navaient pas besoin de faire prolonger leur permis de séjour parce quils profitaient à léconomie américaine, quils fussent hommes daffaires, étudiants ou là pour des raisons médicales. Le jour de mon arrestation, je revenais du consulat saoudien où je métais occupé de mon permis de séjour.
Nest-il pas curieux que vous soyez resté si longtemps sans travail ni revenu fixe ?
B : Dabord, je recevais dArabie Saoudite une aide de mon père ; javais aussi la garantie de lambassade dArabie Saoudite à Washington quelle paierait lopération et nous accorderait une aide financière de temps à autre. Cela a aidé à couvrir les dépenses de ma femme et de mes six enfants Chaque jour jespérais en finir avec les Etats-Unis et retourner dans mon pays. Je me suis séparé de ma femme américaine au début des années 90. Jaurais pu obtenir une carte verte et rester aux Etats-Unis.
Al-Bayyumi et deux pirates de lair saoudiens
Certains rapports mentionnent que vous avez été en contact avec le Saoudien Omar Al-Bayyumi, qui a pris à sa charge les frais de séjour de Khaled Al-Mihdhar et Nawaf Al-Hazimi aux Etats-Unis.
B : Je ne nie pas avoir rencontré Omar Al-Bayyumi aux Etats-Unis, dans le quartier de la mosquée de Clairmont Mesa, à San Diego Si les Américains rendent chaque musulman responsable de ceux avec qui il a prié, nul nest épargné.
Linterrogatoire portait-il essentiellement sur ce point ?
B : Oui : ils ont essayé de me convaincre que le fait de connaître certaines personnes ne me causerait pas de tort.
Avez-vous rencontré Al-Mihdhar ou Al-Hazimi, lesquels sont impliqués dans les événements du 11 septembre ?
B : Je ne les ai jamais vus.
Ont-ils arrêté certains de vos voisins ?
B : Je ne connais aucun Saoudien, Arabe ou musulman qui nait été interrogé ou arrêté, particulièrement à San Diego Dans le seul comté dOrange, 10 000 personnes ont été interrogées.
Comment avez-vous été arrêté ?
Je revenais du consulat saoudien de Los Angeles où javais essayé de régulariser ma situation. Jai été arrêté ce jour-là à une station dessence située à côté de chez moi. 23 policiers se sont rassemblés, comme au cinéma, bien que mon lieu de résidence soit connu et répertorié. Ma femme a été arrêtée chez nous sous les yeux de nos enfants, et traînée en pison.
Avez-vous subi des coups et des injures ?
B : En fait, je nai pas reçu de coups, mais les menottes étaient très serrées, et jai eu mal au mains pendant plusieurs jours. Par contre, jai subi une [forte] pression psychologique, bien que je naie pas enfreint la Sécurité
Avez-vous pu utiliser le téléphone ?
B : Oui, à quelques reprises, un mois après avoir mon incarcération.
Comment êtes-vous sorti de prison ?
B : Je ne sais ni pourquoi jai été traduit en justice, ni pourquoi jai été relâché Au bout du compte, on ma renvoyé en Arabie Saoudite uniquement parce que mon visa nétait plus valable.
Laide du prince et de la princesse dArabie Saoudite
Quelle est la vérité en ce qui concerne laide personnelle octroyée par le prince Bandar Ben Sultan et sa femme ?
B : Jai envoyé une lettre au prince Bandar pour lui demander de maider à payer le traitement, lettre qui a été suivie dun coup de fil de ma femme au bureau de la princesse [femme de prince Bandar]. Il a été convenu quelle nous octroierait une aide mensuelle par chèques.
Ce sont des chèques de combien ?
B : Cest un sujet personnel qui ne concerne que ma famille et moi-même.
Qui est Madja Ibrahim Ahmed, dont le nom apparaît dans les rapports de médias ?
B : Cest ma femme.
Votre femme a-t-elle perçu un chèque à lattention dOmar Al-Bayyumi ou de qui que ce soit dautre ?
B : Elle na jamais rien remis de cet argent à Al-Bayyumi ou à qui que ce soit dautre. Notre dette est plus élevée que ce que nous avons reçu de la princesse Hayfa. Imaginez comme il est dur pour une famille de huit personnes de vivre aux Etats-Unis.
Les autorités américaines vous ont-elles interrogé au sujet de cette aide financière ?
B : La première partie de cette aide, consacrée aux dépenses dordre médical, nous est parvenue de lambassade de façon irrégulière. Laide familiale nous est parvenue par intervalles réguliers, me permettant de rembourser mes dettes.
Comment les enfants se sont-ils rendus en Arabie Saoudite ?
B : Grâce à lambassade : ils ont été confiés à un délégué de lambassade.
Envisagez-vous un procès pour obtenir des dédommagements ?
B : Oui, très sérieusement, mais pas avant davoir récupéré physiquement et davoir surmonté le choc psychologique de mon arrestation.
De récents rapports mentionnent que vous et Al-Bayyumi auraient apporté un soutien financier à deux des auteurs du 11 septembre. Etes-vous au courant ?
B : Ce que la presse rapporte est faux et sans fondement. Cest une déformation des faits. Il est regrettable que de fausses accusations de ce type soient publiées ; elles viennent sajouter aux tourments psychologiques que ma famille et moi avons subis pendant 12 semaines d'emprisonnement. On ne maurait pas relâché sil demeurait le moindre doute nous liant, ma femme et moi, à cette affaire. Je considère ces accusations et ces articles comme partie intégrante de la campagne de déformation menée par des groupes américains qui sen prennent aux Arabes et aux musulmans en général, à lArabie Saoudite, à sa culture, et sa religion en particulier.
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