|
||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||
Dépêche spéciale - Jordanie
Le 3 janvier 2002
Un chroniqueur jordanien :
La colère arabe à lencontre de Thomas Friedman est injustifiée
Le chroniqueur Fahd Al-Fanik, de tendance libérale, a publié dans le quotidien Al-Rai un article intitulé : " Pourquoi Friedman enflamme-t-il notre colère " Voici larticle intégral :
Il est normal que le chroniqueur Thomas Friedman soit devenu une célébrité dans le monde arabe. Pas uniquement parce quil écrit dans le New York Times, premier journal américain : les autres chroniqueurs de ce journal nont pas une telle renommée. Sa célébrité tient aussi au fait que ses articles portent sur le Moyen-Orient et nous interpellent donc tant que certains journaux arabes les traduisent et les publient.
Il est également normal que Friedman sattire la haine de plusieurs personnes et devienne la cible de critiques et même dattaques pas uniquement parce quil est juif, et donc amené à adopter des partis pris défavorables aux intérêts arabes et favorables à Israël, mais aussi parce quil manque de diplomatie, nous mettant en face de nos défauts sans tenir compte de notre sensibilité à fleur de peau !
Friedman en contrarie plus dun quand il salit la culture et les régimes arabes. Peut-être cherche-t-il à casser le moral des Arabes, mais leurs défauts ne sont pas pour autant une invention de sa part. Ces défauts existent [bel et bien], et nous préférerions que personne ne nous les rappelle !
Jai parcouru un certain nombre des articles de journalistes arabes écrits contre lui, et je me suis rendu compte quils lui reprochent surtout de relever des défauts existants, dont nous ferions mieux de reconnaître lexistence pour essayer de les corriger. En tant quAméricain, il est en droit dexiger quun grand Etat arabe [lEgypte] se soumette à la volonté des Etats-Unis, sil tient à continuer de recevoir les milliards de dollars fournis par le contribuable américain. Il a le droit de dire à un autre Etat arabe [lArabie Saoudite] que ses écoles produisent des terroristes. Il a les droit de reprocher aux leaders palestiniens de rater les occasions qui leur sont offertes, préférant saligner sur la vaine opinion populaire.
Dans son dernier article, Friedman a énoncé les facteurs qui pourraient empêcher lAmérique dattaquer lIraq non parce quil aime lIraq, mais parce que les Etats-Unis ne trouveront pas dalliés dans ce sens : la Russie a des intérêts commerciaux avec lIraq ; la Turquie craint la naissance dun Etat kurde au Nord ; lArabie Saoudite craint la naissance dun Etat chiite au Sud ; la Jordanie pense à ses intérêts commerciaux et pétrolifères. La Syrie craint que son tour ne vienne après lIraq ; et lEgypte ne veut pas dun régime iraquien qui salignerait sur la politique des Etats-Unis et rivaliserait avec elle pour le pouvoir dans le monde arabe.
Dans sa chronique, Friedman a composé des lettres hypothétiques du président américain à lattention de Moubarak, Assad et Arafat. En mai dernier, je lui ai demandé pourquoi il nécrivait pas de lettre à Sharon. Il ma dit quil y travaillait et la publierait bientôt. Promesse non tenue jusquà ce jour. (1)
L'Institut de Recherche Médiatique du Proche-Orient (MEMRI) est une organisation indépendante à but non lucratif mettant à votre disposition des traductions de la presse du Proche-Orient, une analyse originale des faits, ainsi que le résultat de recherches sur le développement de la situation dans la région. Des copies des articles et autres documents cités, ainsi que toute information d'ordre général, sont disponibles sur simple demande.
Institut de Recherche Médiatique du Proche-Orient
BP 27837, 20038-7837 Washington DC.
Tel: (202) 955-9070 Fax : (202)955-9077 E-Mail : memri@erols.com
Trouvez les précédentes publications de MEMRI sur notre site Internet : www.memri.org