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Dépêche Spéciale Egypte
Le 1er février 2002
Un quotidien égyptien : La torture infligée
par lAmérique aux prisonniers dAl-Qaïda est pire que le traitement quHitler a fait subir à ses " rivaux " juifs et chrétiens.
Les chroniqueurs arabes ont été nombreux à sinsurger contre le traitement infligé par les Etats-Unis aux captifs dAl-Qaïda et des talibans à Guantanamo. Anis Mansour, écrivain connu et chroniqueur au quotidien égyptien Al-Ahram (subventionné par le gouvernement), qualifie le traitement subi par les prisonniers dAl-Qaïda et des talibans de " pire que le traitement infligé aux prisonniers par les Nazis ". Voici quelques extraits de larticle :
Les Américains ont transféré les prisonniers dAfghanistan à la base de la baie de Guantanamo à Cuba. Jai vu cette base en 1963, à loccasion de la conférence tricontinentale à la Havane. Cest une belle base. Personne ne sattendait à ce quelle devienne un lieu de tortures pour les membres dAl-Qaïda ramassés en Afghanistan, tortures sans précédent pires que ce quHitler a infligé à ses rivaux juifs et chrétiens.
Les soldats dHitler ont brûlé, étranglé et tué. Mais les prisonniers dAmérique ont subi un transfert aérien dune durée de 20 heures. Dans des circonstances normales, ce voyage naurait pas été éreintant. Mais ce que les prisonniers ont subi est abominable !
On leur a bandé les yeux, bouché les oreilles et le nez. Ils ne voient rien, nentendent rien et ne sentent rien ; ils sont dans des masques de fer. Leurs mains, leurs bras, leurs cous et leurs jambes sont enchaînés de lourdes chaînes qui les étouffent.
Vingt heures de privation de lusage des sens suffisent à porter atteinte à leur capacité. Si les Américains ajoutent vingt autres heures, ils ne pourront plus se porter garants de la vie des prisonniers. Si lon décide alors de leur ôter les chaînes, ils ne sauront plus comment ni où marcher !
Dans les cachots individuels, lobscurité est complète. Et soudain, les Américains imposent un éclairage ou un bruit violent pendant quelques instants. Puis tout replonge dans le silence et lobscurité. Ces instants suffisent à rendre ces prisonniers aveugles, sourds, ou à les atteindre mentalement.
[Même] les amis des Etats-Unis ont condamné ce traitement inhumain des prisonniers de guerre. Mais Rumsfeld, secrétaire à la Défense, a déclaré : " Ce ne sont pas des prisonniers de guerre, et la Convention de Genève ne sapplique pas à leur cas. " Il prétend que ce sont des criminels qui ont enfreint la loi et qui appartiennent au gang de Ben Laden.
[Il prétend que] les Américains ont bouché les oreilles des prisonniers par pitié, pour que le bruit de lavion ne les dérange pas. Et leurs nez auraient été bouchés pour quils ne contaminent pas les soldats chargés de les garder des maladies contagieuses dont ils sont atteints. La pression quils subissent est telle quils en viennent à communiquer nimporte quel dangereux élément dinformation. Ces prisonniers de guerre ne peuvent pas se rendre aux tribunaux américains pour exiger lapplication des lois constitutionnelles, vu quils ne se trouvent pas en territoire américain mais au camp des rayons X, où on veut les faire passer en quelques heures de létat dêtres humains à létat de bêtes ! " (1)
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