Satisfaits, même s'ils ne sont pas d'accords / Sondage spécial commandé par le journal YEDIOT AHARONOTH (commentaire de Sever Plotsker) .
Sharon n'aurait pu rêver d'un tel score : un mois et demi après son élection, 70 % des Israéliens (dont 78% de la population juive) sont satisfaits de leur Premier ministre. " Ariel Sharon est un Premier ministre fiable", disent-ils. Sharon est le Premier ministre bénéficiant du plus haut taux de confiance jamais obtenu dans un sondage. Il est également un Premier ministre en qui on peut faire confiance : 62 % de la population , dont 66 % de la population juive, font confiance à son mode de gouvernement.
Autre chiffre révélateur de la satisfaction israélienne : 65 % des Israéliens félicitent Sharon pour sa bonne conduite "lors des évènements dans les territoires." Parmi la population juive, le chiffre atteint 71 %. Retenons ce chiffre car il ne risque pas de se répéter dans l'histoire du pays : 7 Israéliens sur 10 sont satisfaits du chef du gouvernement en période de crise (...)
Sharon n'est toujours pas venu à bout du terrorisme. Cependant, très peu d'Israéliens se disent déçus. 32 % d'Israéliens seulement estiment que Sharon n'a pas tenu ses promesses en matière de lutte contre le terrorisme. Pourtant, le soutien israélien n'est pas absolu. L'opinion publique révèle des tendances politiques plus à gauche que les déclarations publiques de son Premier ministre. Si l'on compare à d'autres sondages effectués durant l'Intifada, cette tendance s'est renforcée. 62 % des Israéliens ( dont 58% de juifs) pensent que Sharon doit accepter la proposition jordano-égyptienne, impliquant le gel des implantations en échange d'un cessez-le feu.Tôt ou tard, le décalage entre le gouvernement, qui refuse cette proposition et l'opinion publique devra se résorber : Sharon devra convaincre son opinion publique ou à l'inverse. En outre, 53% des Israéliens (49 % des juifs) voient dans la négociation le meilleur moyen de mettre fin à la violence. Seuls 25% d'entre eux souhaitent accroître la pression militaire sur les Palestiniens.
La préférence pour une solution politique, et non militaire, est donc très nette dans ce sondage, par une majorité de 2 contre 1. D'autre part, ils sont à peine 17% des sondés à penser qu'il faudrait renvoyer les dirigeants palestiniens hors des territoires. Enfin, 3 % seulement prônent la reconquête des territoires, contre 80 % des Israéliens qui ne veulent pas retourner à Gaza et à Jéricho.
La volonté israélienne d'un retour à la négociation peut être perçue à travers un chiffre supplémentaire : 46 % des Israéliens ( dont 42% de la population juive) voient en Arafat un partenaire pour la paix.
Quant à l'idée d'un retrait unilatéral des territoires, sans accord préalable, elle n'a guère la faveur des sondés. 53 % de la population juive en Israël rejette une telle proposition.
A travers ce sondage, les Israéliens révèlent des positions politiques modérées, bien plus que celles de certains ministres du gouvernement et que celles d'Ariel Sharon. Malgré celà, ils continuent de croire en leur Premier ministre.