" Israël a donné à Arafat un dernier avertissement. " Editorial du quotidien de Londres, The Times le 04 juin 2001
Il y a maintenant un danger clair et imminent que la mèche allumée par Yasser Arafat en septembre dernier entraîne une explosion. Cela sera terrible pour Israël, dangereux pour le Proche-Orient et désastreux pour les Palestiniens. Lattentat suicide de vendredi à la discothèque Pacha de Tel-Aviv était particulièrement horrible et menaçant ; mais il nétait pas en lui-même exceptionnel. Les attentats suicides sont une partie intégrante et un moyen fréquent de larsenal de plus en plus meurtrier utilisé par des organisations qui agissent ouvertement dans les zones contrôlées par lAutorité palestinienne. Israël doit réagir.
Quel sera le niveau de réaction de celui-ci ? Cela dépend de ce que fera Arafat dans les prochaines heures, de ce quil fera et pas seulement de ce quil a indiqué quil fera. Le leader palestinien a une lourde responsabilité dans cet outrage comme dans bien dautres. Le " leadership du soulèvement palestinien " qui sest réuni brièvement à Gaza hier, est ce qui ressemble le plus à une action organisée dans son administration chaotique. Théoriquement cet organisme nest quofficieux, mais il comprend les 12 fractions membres de lOLP. Sa coordination est assurée par des personnalités puissantes du Fatah. Ceux-ci travaillent la main dans la main avec le Hamas et le Djihad islamique qui sont les autres membres dudits " leadership " et qui se consacrent de manière avouée à la destruction dIsraël. Dans le noyau dur de ce qui est devenu une guerre meurtrière et destructrice qui ne dit pas son nom, on retrouve les terroristes inculpés ou condamnés quArafat a lui-même relâché en septembre dernier au début de ce dernier soulèvement palestinien.
M. Arafat ne donne peut-être pas des ordres directs à ces hommes violents ; il a eu enfin linspiration et le sens de sa propre survie politique pour condamner ponctuellement cet attentat. Mais il sait qui ils sont et ils sont perçus aussi bien par les Palestiniens que par les Israéliens comme étant ceux qui font son travail. Surtout, par ses interminables voyages de routard à travers la planète, Arafat a clarifié le but quil poursuit : entraîner Israël dans une guerre totale et forcer ainsi le monde à intervenir, de préférence par une occupation internationale "protectrice" en Cisjordanie et à Gaza pour éteindre le feu. Cest ce quil a demandé explicitement à lUnion européenne qui a eu raison de lui opposer une fin de non recevoir.
Lauto préservation a poussé maintenant Arafat à dire ce quil aurait dû dire déjà le 22 mai, à savoir la réciprocité au cessez le feu qui avait été proposé unilatéralement par Israël. Le gouvernement de Sharon attend quil prouve par des actes le sérieux de son propos. Il est sceptique et on le comprend. Vendredi dernier encore, un Collin Powell exaspéré a téléphoné à Arafat pour lui demander de " faire 100% defforts " pour contrôler ses combattants et sa police, pour sentendre dire de la part de ce dernier, quil refusait la demande de Washington dun cessez-le-feu. Sil a changé davis, il aurait pu le prouver hier en arrêtant les leaders de lIntifada qui, au mépris de ses instructions aux forces de sécurité dappliquer de manière " urgente et immédiate " le cessez le feu, ont annoncé quils poursuivraient la lutte. Surtout, Israël en colère, noublie pas que lattentat au Pacha, le plus meurtrier contre des civils depuis lattentat suicide qui a détruit un autobus en 1996 à Jérusalem, est survenu à la fin de 15 jours pendant lesquels les Palestiniens avaient exploité cyniquement la retenue imposée aux forces israéliennes pour intensifier leurs attaques aux mortiers et à la mitrailleuse contre des cibles israéliennes.
Devant les obsèques des 19 adolescents démembrés et défigurés, les Israéliens ne pouvaient que se demander ce que pouvait encore valoir un processus de paix quils avaient espéré de leurs vux afin que celui-ci leur rende la vie plus sure à eux et leurs enfants. Tel-Aviv est le centre de la tolérance en Israël. Le mouvement pacifiste a été touché jusquà los. Un panneau laissé à lextérieur de la discothèque où a eu lieu lattentat disait simplement : " Nous demandons la paix, ils demandent le sang ". Ce sang est sur les mains de Yasser Arafat. Un chat a au moins 9 vies, Arafat en a déjà usé 8. Sa manière de toujours a été de promettre à son peuple la lune, de repousser toutes chances réalistes de créer un Etat et dutiliser ses échecs pour attiser la haine dIsraël. Il ne changera pas. Son entêtement a été trop souvent félicité plutôt que condamné par les gouvernements occidentaux et arabes. Ils doivent lui faire entendre sèchement que le jeu est maintenant terminé